De plus en plus de recruteurs sont conscients de l’impact de l’intelligence artificielle dans leur pratique. Même si seulement 14% utilisent déjà ce puissant outil technologique pour le recrutement de candidats, 39% affirment désirer le faire. Comment les cabinets de recrutement s'approprient-ils l'IA ? Faut-il craindre cette évolution ? Voici un aperçu de cette métamorphose dans l’écosystème des recruteurs et des spécialistes en ressources humaines.

Les ressources permises par l’intelligence artificielle

L’intelligence artificielle, lorsqu’elle est mise au service des recruteurs, leur permet de mieux manœuvrer parmi l’intense flux d’informations survenant dans leur métier, qui représente un changement majeur de leurs conditions d’exercice. Ils obtiennent une vision plus étendue et un meilleur contrôle sur le nombre toujours croissant d’offres d’emploi. L’IA leur permet d’affiner leurs recherches et facilite leur navigation dans un monde digital qui démultiplie la visibilité des offres d’emploi. Certaines plateformes présentent en effet jusqu’à 400 000 offres d’emploi !

Face à cette quantité d’annonces, on se trouve face à un phénomène de « bruit » généré par les outils numériques modernes. Le recours à l’IA permet de supprimer une grande partie de ce « bruit » pour obtenir un maximum de candidats dont le profil correspond aux critères et qui eux-même manifestent de l’intérêt pour l’offre.

Il existe des logiciels capables de procéder à un « sourcing » de façon automatique. Ces outils scannent le Web et détectent les profils qui vont intéresser le recruteur. L’IA permet à un recruteur d’obtenir des résultats bien plus précis qu’auparavant, notamment pour déceler des perles rares.
D’après une étude publiée dans la Harvard Business Review, les algorithmes et les outils de matching fournissent un boost considérable au recruteur en examinant les CV des candidats et en les triant : ses chances d’identifier les bons candidats augmentent alors de 25%.
D’autres outils comme des agents conversationnels (chatbots) permettent d’établir une adéquation du candidat avec le profil recherché et la culture de l’entreprise.

Enfin, l’IA favorise la vitesse. Aujourd’hui, entreprises et candidats veulent aller vite, et l’IA le leur permet. La volatilité a augmenté, l’employabilité devient plus souple, étayée par ces algorithmes qui travaillent instantanément.

L’intelligence artificielle a aussi ses limites

Ce n’est pas toujours la technologie qui pose des limites, mais ce qu’en font les recruteurs. Ceux-ci ne doivent pas se contenter de repérer des candidats et de les attirer, mais doivent également se préoccuper de développer des liens. Un recruteur construit des relations entre une entreprise, un dirigeant et un candidat. Dans le cadre de l’onboarding, son travail trouve tout son sens. Ainsi, si l’IA met à sa disposition des outils ultra efficaces, cette dimension relève essentiellement de sa compétence personnelle.

Le recruteur a également conscience des limites de l’IA et de ses biais éventuels. Il va pouvoir identifier ses effets indésirables et les corriger. Par exemple, l’IA pourra présenter une tendance à la discrimination, ou sélectionner des candidats dont les profils ne présentent pas suffisamment de variété. Les « soft skills » sont aussi difficiles à évaluer par un algorithme. Cela reste donc du domaine du recruteur.

Il doit également s’assurer que l’équipe et le candidat seront en mesure de coopérer, et pour cela, son intuition, son expérience, son habileté ne sauraient être remplacées par une IA.

L’impact de l’IA sur le métier de recruteur

L’intelligence artificielle permet aux recruteurs de délaisser les tâches répétitives pour dégager du temps pour des actions « à forte valeur ajoutée ». Ils peuvent consacrer davantage de temps à des entrevues et des discussions en profondeur. Ils restent également les garants de valeurs humaines de l’entreprise, et pour cela, leur métier ne disparaîtra pas.

Au fur et à mesure que l’intelligence artificielle est adoptée par les cabinets de recrutement et départements de ressources humaines, les professionnels se focalisent de plus en plus sur l’intelligence émotionnelle. Il est d’ailleurs convenu qu’il s’agira de la compétence la plus recherchée au cours des cinq prochaines années. Le recruteur aura pour mission de développer cette intelligence émotionnelle dans l’entreprise.

Les recruteurs « augmentés » par l’IA seront par conséquent amenés à sensibiliser les managers : ceux-ci devront composer avec des individus disposant de capacités accrues à comprendre les émotions : plus intuitifs, observateurs, à l'écoute, créatifs, empathiques, innovants, collaboratifs, et plus encore. Il est permis de croire que les entreprises, les dirigeants et les salariés auront tout à y gagner.

Source :

Article sur le site Blog Emploi

Crédit photo : Mike Mackenzie

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