L'évolution du recrutement vers des pratiques anglo-saxonnes

Aujourd’hui la mondialisation est un aspect inéluctable de l’économie. Des technologies nouvelles apparaissent, faisant émerger de nouvelles cultures d’entreprises et des comportements individuels différents. Les conséquences de cette évolution se font sentir jusque dans les pratiques de recrutement. Les procédés pour embaucher dans chaque pays se tournent inéluctablement vers un modèle unique qui est le système anglo-saxon.

Un rééquilibrage employé-employeur

Dans le système de recrutement traditionnel français, la relation employé-employeur était largement en faveur de celui qui fournissait l’emploi. D’ailleurs, la présence sur les sites spécialisés des offres d’emploi à sens unique, de type job board, a clairement démontré cette relation déséquilibrée. Cependant, on observe que les choses changent. La désignation par un ensemble de personnes de leur futur collègue de travail ou employé est en forte évolution.

Désormais, le futur employé a son mot à dire. Dans un cadre où les entreprises se font fortement concurrence pour disposer des meilleurs talents, ces derniers établissent leurs choix en fonction de leurs aspirations. Ils tiennent compte de leurs propres besoins et d’une certaine manière, ce sera aux employeurs de s’adapter à cette nouvelle situation. Les cartes sont ainsi redistribuées. L’exemple de l’home office ou du travail à distance met en avant de nouvelles façons de travailler proposées aux candidats pour les séduire.

Marketisation du recrutement

Dans le système anglo-saxon, le recrutement s’éloigne des entretiens classiques avec questions-réponses entre celui qui recrute et le candidat. Les recruteurs utilisent des moyens proches du marketing en proposant des techniques qui s’apparentent à la gestion de relation client ou à la gestion commerciale. On peut citer les applications mobiles dédiées aux ressources humaines, les Serious games, l’avénement de la vidéo… Dans certains cas le recrutement devient un événement à part entière, non seulement pour démontrer le bon état financier de l’entreprise mais aussi pour séduire les meilleurs profils afin de les intégrer à la société. Désormais, les deux parties doivent faire leur maximum pour plaire à l’autre, de façon à se convaincre mutuellement du bien-fondé d’une collaboration.

Développer une culture de la confiance

Les pratiques anglo-saxonnes mettent en avant la notion de transparence, nécessaire et inévitable. Les employés peuvent rechercher facilement les informations concernant une entreprise. Internet et les différents mass médias les y aident. Une mauvaise situation financière ne peut plus être cachée de nos jours. De leur côté, les recruteurs ont également appris à chercher des informations pour ne pas se faire berner. Ils procèdent à une vérification des profils et des CV qu’ils reçoivent. Ils recourent à un background check, une pratique courante dans les pays anglo-saxons, qui consiste à faire contrôler par des professionnels les antécédents d’une personne et à vérifier sa notoriété dans le domaine concerné. Cette pratique est devenue une nécessité étant donné que les candidats ont de plus en plus tendance à bonifier leur profil, ou carrément à le modifier pour le rendre plus intéressant.

Crédit photo : Lorenzo G./Flickr